Drôme de raquettes dans la Drôle.

     Pour la 4ème année consécutive, la 1ère brigade de raquetterie de Touraine est partie à l’assaut des monts enneigés, cette fois dans le Haut Diois.

      Le 1er jour, ce fut la Bérézina ! Pire encore, car en Russie il faisait froid et il neigeait; là il pleuvait ! Et quand les chaussures commencent à faire floc-floc sur les raquettes, le moral est dans les chaussettes (vieux proverbe local).

      Mais le lendemain, il remonta et nous aussi vers les cimes inviolées, avec toujours le grand Caporal Didier à notre tête, dédaignant sentes, sentiers et chemins forestiers, à travers bois, buissons, rocailles et rochers, toujours plus haut ! 1000m de dénivelée par jour en moyenne n’était pas pour nous effrayer.

     Les chamois effarés nous regardaient empiéter sur leur territoire, aigles et chocards planaient sur nos têtes dans l’espoir toujours déçu de se repaître de nos carcasses; nous crûmes même voir des fauves féroces faire à la queue-loup-loup à notre approche victorieuse.

      Le dernier jour, ce fut Austerliz ! La Brigade au complet (car même xxx n’avait pas oublié ses raquettes ce jour par miracle) parvint au sommet de la pointe de la Feuillette sous un ciel d’un bleu lumineux où brillait le fameux soleil de la victoire, on aurait pu se croire en haute montagne, un vaste panorama s'étendait devant nous à 390° (au moinss !): en face les monts enneigés du Dévoluy, avec le Grand Ferrand au 1er plan, plus loin le Mt Aiguille et le Vercors; à l’horizon du sud le Ventoux et ses antennes; loin à l’ouest les Mts Lozère; enfin très loin au nord-est, au delà de la vallée grenobloise, l’Autriche à nos pieds, enfin soumise !

      La victoire fut célébrée dignement par un grand festin de cuisses de canards sur canapé de choucroute, précédé, bien sûr, de quelques coupes de champagne (j’écris ces lignes, parmi les tibias de volatiles et les cadavres de bouteilles). Les délicieuses crêpes de la cantinières Micheline couronnèrent le tout.

      Dès l’an prochain, si Florence planifie la campagne, nous sommes déjà prêts à repartir pour une nouvelle expédition avec le Grand Caporal Didier à notre tête ! pourquoi pas l’Oural !.


François